(Il en fallait un… Comme dit Frédéric, j’ai le rôle que je veux bien me donner…)
Il y a 15 jours, j’envoie mon petit chèque d’abonnement au magazine LIRE… Lundi, je
trouve dans ma boîte un magazine tout rose comme un bonbon et même pas sous « pli discret»… C’est un spécial filles !!! Tout entier consacré aux femmes dans la littérature…
Bon, premier constat, y’ a du «lourd». Chandernagor, Colette, Duras et dans un autre genre, cette chère Agatha et la très vendeuse P.D James… Mais, après ce morceau de bravoure, on attaque la «Chick lit», pour ceux qui ne savent pas - forcément des hommes - de la «littérature de poulettes», avec plus de 10 pages sur le thème «les trentenaires jolies et dans le coup». Du roman de fille, par les filles et pour les filles. Attention, j’ai dit : 30 ans, dans le coup, jolie, et qui s’éclate (plusieurs amants bienvenus) ! Les autres s’abstenir. Reine de la loose, boutonneuse et autre Bridget en dérive, circulez y’a rien à voir. Place à la trentaine triomphante on vous dit… (Tout juste tolérée, la quadra bien dans sa peau, yoga, enfants, copines sympas et mari stressé.)
Le pire (ou le meilleur à chacun son point de vue) c’est que si vous tapez « Chick lit » sur internet, vous allez tomber sur une multitude de sites et plus particulièrement de blogs qui traitent du sujet….
Mais, me direz-vous, quid de mon titre provoc ? Si vous vous posez cette question, c’est que vous fréquentez peu le monde littéraire. Ne le prenez pas mal, je vous assure… Parce que, que lit-on dans LIRE ? Que, les femmes lisent plus, qu’elles écrivent plus, qu’elles créent plus, bref, qu’elles sont le moteur du monde littéraire des années 2000, mais que nous, les hommes, détenons une fois encore les clefs de contact du véhicule… Voilà ce qui nous est parfaitement raconté dans l’excellent article intitulé « Maman lit, papa édite »(P30). Alors quoi les filles ? Vous écrivez, vous lisez, et nous, les sales types installés sur un paquet de fric au sommet de la pyramide, nous gérons le business ? Non, là c’est trop ! S’il en fallait un pour pousser ce cri de rébellion contre la dictature de la minorité féminine, et bien, que je sois celui-là ! STOP ! ON ARRÊTE TOUT !
Chez Ramsay (mon éditeur) il n’y qu’un pauvre (pardon Alain) mec pour près de dix filles… (De quoi se plaint-il me direz-vous ?) C’est que, les conversations sur le dernier livre de fille paru (Amazones ou Princesses de Olivia Elkaim) vont bon train, et que les jours de pot, quand le champagne coule à flot dans les verres en plastiques, vous avez intérêt à avoir les boutons de chemise bien accrochés si vous ne voulez pas être transformé en Gogo danseur de service !!!
Est-ce vraiment cela la dictature masculine dans la littérature ?
Comme le dit si bien François Busnel dans son édito de ce LIRE couleur fraise Tagada, n’est-ce pas une femme (Mary Shelley) qui donna ses lettres de noblesse à la science-fiction qui n’est plus désormais un genre réservé aux hommes ? Et, Agatha Christie, Ruth Rendell ou P.D. James ne sont-elles pas les apôtres du roman policier ?
Enfin, puisque j’ai endossé le costume du Zorro du livre (juste cette fois, promis), je vais finir en traçant un Z, de la pointe de mon clavier, sur l’idée communément reçue que les femmes représentent la majorité écrasante des lectrices. (Aggravant ainsi le paradoxe de la domination masculine du secteur)
En réalité, 53% seulement… En terme de majorité, on fait mieux non les filles ?
Bon, c’est pas tout ça, mais il faut que j’envoie un petit mail à Françoise Samson, la directrice des éditions Ramsay…mon éditrice préférée !
S.B

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