POURQUOI FAISONS-NOUS DES LIVRES ?
Auteurs, éditeurs, libraires, nous nous posons la question plus souvent quà notre tour. A quoi ça sert, au fond, de couper des arbres et d'imprimer un texte de plus, l'un des 50 ou 60 000 qui seront publiés cette année-là...
Mon éditeur (Ramsay) a reçu très récemment le courrier ci-dessous, à propos du Journal d'un père de Vincent de Swarte, disparu le printemps dernier. Eléments de réponses assez poignants...
Libraire
depuis 1993, je suis chaque année ravi de recevoir les épreuves de lecture en
vue de la préparation de la rentrée littéraire. Je tente de lire, durant deux
mois une trentaine ou quarantaine d’ouvrages.
J’ai été
bouleversé par celui que vous m’avez adressé, « Journal d’un père »,
de Vincent de Swarte.
Il se trouve
que mon amie, C., a perdu son père alors qu’elle n’avait que douze ans.
Aujourd’hui étudiante aux Beaux-Arts , elle travaille beaucoup sur la
mémoire et la préservation de ceux qui sont partis.(…)
Ce livre m’a
bouleversé. Quel choc en lisant l’humble et discret avertissement de l’éditeur.
Ce livre est
celui de deux chemins qui convergent l’un vers l’autre. Celui d’un homme
disparu (…) Chemin également des enfants qui vont un jour à la recherche de
leur parent disparu. Parce que leurs souvenirs sont fragiles, reconstitués
parfois, réinventés aussi, parce que les enfants cherchent à connaître cet
homme qui vivra éternellement en eux, qui leur manquera toujours. Parce qu’ils
auront peur d’oublier son visage et sa voix, peur aussi qu’il ne soit pas tout
à fait l’homme qu’ils ont, si peu de temps, connu.
Quel terrible
vertige que celui de presque-orphelins, de ceux qui n’auront fait qu’un bout,
un si petit bout, de chemin ensemble. (…)
Je ne savais
pas comment faire lire ce texte à C. Je ne lui pose jamais de questions sur son
papa, je l’incite juste à rechercher lorsqu’elle n’en parle, d’autres
souvenirs, d’autres histoires, auprès de sa maman surtout (…)
Une nuit,
alors qu’après l’amour nous nous étions endormis, elle s’est redressée, et
d’une voix timide, a murmuré « J’aimerai bien lire ce livre ».
Au matin
j’avais cru à un rêve ; il n’en était rien.
C. a commencé
de lire « Journal d’un père » de Vincent de Swarte.
Elle adore ce
livre. Et je crois
que ça l’aide beaucoup.
Pour elle,
merci.
FP

Tu as parfaitement raison, je l'ai lu aussi, c'est un superbe livre.
Rédigé par: stéphane B. | le 07 novembre 2006 à 03:16
pour rien.
croire en une réponse, ce serait croire en une raison.
la raison peut etre est qu'il y a des milliers de raisons. peut etre qu'une des raisons d'écrire est d'enregistrer ses milliers de raisons;)
Rédigé par: manue | le 19 novembre 2006 à 14:40