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Ils causent plus Ils flinguent !

Images769786845 Pour paraphraser Audiard voilà mon sentiment au sujet de la – toute – petite polémique qui vient d’agiter le site des Blogauteurs après la note précédente sur le Magazine des Livres. Critiques et propos déplacés, que je suis d'autant plus à l'aise d'évoquer, que, je ne sais pour quelle raison, j’en ai pratiquement été tenu éloigné… Quelques critiques bien agressives, des jugements à l'emporte-pièce, et beaucoup de violence verbale pour pas grand-chose finalement…

Ayant connu suffisamment de violence pour toute une vie dans mon précédent boulot, je m’étais interdit de réagir aux propos déposés sur le blog. Inutile, quand les mots sont un flot de haine de verser de l’eau au moulin… Le débat se calme, Emmanuelle Martial (que je ne connais même pas) s’est excusée auprès de moi et aussi sur le site des Blogauteurs… Je trouve cela bien de sa part.

Souvent, durant toutes mes années de service à l’antiterrorisme, je me suis posé la question : mais pourquoi toute cette haine ? Des heures de dialogue et de discussions en tout genre avec des assassins, tueurs et terroristes de toutes sortes, ne m’ont jamais apporté de réponse à cette question. Oui je sais, je compare deux choses incomparables, un peu de haine sur un site Web et l’assassinat planifié, le meutre d'innocents... Pas tant que cela à mon sens. Pourquoi tant de haine, crie la victime qui se pensait innocente ? Il n’y a pas de victime innocente, crie le terroriste qui tue pour tuer, qui tue parce qu’il n’a pas su trouver d’autre moyen d’expression, plus sain, plus civilisé…

La violence inutile, qu’elle soit verbale ou physique, relève des mêmes ressorts et méprise les mêmes règles, … C’est l’inutilité et la stérilité de son utilisation comme moyen d’expression qui la rend aussi détestable…

Oui, le site des Blogauteurs (comme tous les blogs sur le net) est un site où chacun parle aussi bien de lui que des autres, oui, le Magazine des Livres est un bébé dont nous sommes fiers, oui, nous tentons de faire bouger les choses, d’innover, et nous y mettons beaucoup d’énergie ! Est-ce là une raison pour chier anonymement sur des individus que l’on n’a même jamais rencontrés, et leur prêter la volonté – qui n’a jamais été la nôtre – d’être « LES auteurs éminents de la blogosphère » ?

Pour ma part, toutes mes heures de travail pour le mag, pour mon blog, mes livres, tous ses mots alignés des nuits durant, je ne les vois pas différents des vôtres, Emmanuelle, « lecteur d’écrivains » ou grégoire. Peut être n’avons pas le même sens des choses, et certainement ne sommes nous pas d’accord sur la méthode. A vous lire, je le crois volontiers…

Peut être aussi que nous pouvons nous le dire simplement, sans insulte, sans violence…

Peut être, que nous ne sommes pas obligés de rajouter une couche de haine supplémentaire au contexte actuel..

Peut être...

« La violence est la faillite du bon sens » écrit Yasmina Khadra…

Stéphane Berthomet.

"LE MAGAZINE DES LIVRES" EN KIOSQUES LE 24/11 !

MagdeslivresEnfin du neuf dans le pré (trop carré) de la presse littéraire. Sort donc ce vendredi le tout premier numéro d’un magazine grand public dédié aux livres : Le MAGAZINE DES LIVRES. Outre le fait qu’il vient gentiment bousculer le quasi monopole de LIRE , ce projet a pour particularité de ne faire contribuer que des écrivains (et non pas des journalistes pro). Un mag sur les livres fait par des écrivains, c’est bien le minimum, non ?
Aux commandes de ce bateau (pas trop ivre pour l’instant), le très énergique Joseph Vebret, lui-même romancier et directeur de collection aux éditions de l’Archipel. Le n°1 sort donc ce vendredi (24 novembre) dans tous les kiosques, au prix (très conseillé) de 5,90 €. A ce tarif-là, ce serait bête de ne pas y jeter un œil, vous l’admettrez... Hormis un cahier critique très nourri, vous retrouverez entre autres une enquête sur le phénomène Marc Lévy, une interview de la nouvelle coqueluche d’Albin Michel (Max Monnehay) et plein de bonus ébouriffants. Votre serviteur y signe enfin un dossier sur les aspirants écrivains et une chronique sur les blogs littéraires, comme il se doit !

Le site du magazine démarre lui aussi tout juste ici !

F.P

Interview de Gilles Cohen-Solal

Rendons hommage à Wrath pour cette interview particulièrement intéressante de Gilles Cohen-Solal (éditions Héloïse d'Ormesson) qui évoque les "arrangements entre amis" du milieu de l'édition (prix littéraires, "fils et filles de",...). On y apprend pas mal de chose, notamment sur les Bienveillantes, le dernier Goncourt tant controversé !

T.C

Le premier livre de fiction publié avec les commentaires de ses lecteurs !

Je vous invite à participer à cette expérience littéraire originale  !!!!

Publicisnetnouvelles

L'agence Publicis Net invente PEOPLEPOWER, le premier recueil de nouvelles illustrées et agrémentées des meilleurs commentaires de ses lecteurs.

Le CONCEPT :

1) L’agence a demandé à 11 écrivains d’écrire une nouvelle sur le thème « comment le web changé ma vie ». Certains ont respecté le thème d’autres non. C’est comme ça. L’écrivain est libre

2) Publicis Net vous propose de télécharger de lire et de commenter ces nouvelles. Libre à vous de réagir, de critiquer, de contredire, de contester, de rallonger.

3) En juin 2007, le livre PEOPLEPOWER sort en version papier avec les 11 nouvelles, vos meilleurs commentaires et les illustrations de nos directeurs artistiques.

Retrouvez les nouvelles de David Foenkinos, Jérôme Attal, Elise Fontenaille, Denis Parent, Thierry Théolier, Patrick Eudeline, Stéphane Million, Louis Lanher, Anna Rozen, Franck Ruzé et moi-même... et à vos commentaires !

C'est ici !!!

T.C

15 MN PLUS TARD, ON Y EST !

Rhesus Il y a peu je vous annonçais la remise du prix (encore un !) 15mn plus tard, décerné très précisément 15mn après le Goncourt. Ce fut donc chose faite ce lundi et, comme il se doit, un peu occulté et brouillé par le brouhaha de ce qui s'était passé 15mn plus tôt...

En clair, le "15mn plus tard" a été remis au 12e tour de scrutin à :

Rhésus
de Héléna Marienské, chez POL.

En voilà un que j'ai plutôt envie de lire, tiens...  

FP

POURQUOI JE NE LIRAI PAS LE GONCOURT...

Gonc Parce que je ne lis presque jamais le prix Goncourt.

Parce que je n’aime pas les pavés de 900 pages, même si certains sommets (Mort à crédit, Belle du seigneur, Don quichotte…) m’ont prouvé qu’un pavé pouvait aussi être un chef d'oeuvre digeste.

Parce que dès livres sur la Shoah, même vue de l’intérieur, il y en a des wagons si on me pardonne cette facilité de langage mal placée, et que même avec tout le génie littéraire qu’on lui prête, cet auteur ne saura pas me convaincre qu’il fera plus bouleversant que le récit des rescapés. Il y a certains sujets qui sont irréductibles à la littérature...

Parce que j’aimerais qu’au moins une fois on récompense dans un grand prix littéraire autre chose que de l’histoire récupérée et ressassée.

Parce qu’il semblerait furieusement que ce type soit un imposteur et que le nègre qui a donné corps à sa copie aurait dû recevoir la moitié du prix (et des droits d’auteur du carton actuel).

Parce que j’ai envie de donner une chance à au moins un autre des quelques 700 romans sortis cette année en septembre.

Parce que Gallimard n’a pas besoin de mon argent (d‘autres éditeurs, si).

Parce que quand on me le décernera, je veux pouvoir jouer au jeune con en disant que je n’ai pas lu le plus gros carton commerciale de l’histoire du Prix.

Parce que je me sens soudainement solidaire de ce pauv’ Houellebecq et que, à ma petite échelle, j’ai décidé de le venger.

Parce que si je trouvais ça bien, finalement, je n’aurais pas l’air couillon…

Ca ne vous semble pas suffisant, ça ?

PS : le Goncourt 2006 a donc été attribué aux Bienveillantes "de" Jonathan Littel (Gallimard).

F.P

POURQUOI FAISONS-NOUS DES LIVRES ?

Auteurs, éditeurs, libraires, nous nous posons la question plus souvent quà notre tour. A quoi ça sert, au fond, de couper des arbres et d'imprimer un texte de plus, l'un des 50 ou 60 000 qui seront publiés cette année-là...
Mon éditeur (Ramsay) a reçu très récemment le courrier ci-dessous, à propos du Journal d'un père de Vincent de Swarte, disparu le printemps dernier. Eléments de réponses assez poignants...

1open_1 Libraire depuis 1993, je suis chaque année ravi de recevoir les épreuves de lecture en vue de la préparation de la rentrée littéraire. Je tente de lire, durant deux mois une trentaine ou quarantaine d’ouvrages.

J’ai été bouleversé par celui que vous m’avez adressé, « Journal d’un père », de Vincent de Swarte.
Il se trouve que mon amie, C., a perdu son père alors qu’elle n’avait que douze ans. Aujourd’hui étudiante aux Beaux-Arts , elle travaille beaucoup sur la mémoire et la préservation de ceux qui sont partis.(…)
Ce livre m’a bouleversé. Quel choc en lisant l’humble et discret avertissement de l’éditeur.
Ce livre est celui de deux chemins qui convergent l’un vers l’autre. Celui d’un homme disparu (…) Chemin également des enfants qui vont un jour à la recherche de leur parent disparu. Parce que leurs souvenirs sont fragiles, reconstitués parfois, réinventés aussi, parce que les enfants cherchent à connaître cet homme qui vivra éternellement en eux, qui leur manquera toujours. Parce qu’ils auront peur d’oublier son visage et sa voix, peur aussi qu’il ne soit pas tout à fait l’homme qu’ils ont, si peu de temps, connu.
Quel terrible vertige que celui de presque-orphelins, de ceux qui n’auront fait qu’un bout, un si petit bout, de chemin ensemble. (…)

Je ne savais pas comment faire lire ce texte à C. Je ne lui pose jamais de questions sur son papa, je l’incite juste à rechercher lorsqu’elle n’en parle, d’autres souvenirs, d’autres histoires, auprès de sa maman surtout (…)
Une nuit, alors qu’après l’amour nous nous étions endormis, elle s’est redressée, et d’une voix timide, a murmuré « J’aimerai bien lire ce livre ».
Au matin j’avais cru à un rêve ; il n’en était rien.
C. a commencé de lire « Journal d’un père » de Vincent de Swarte.
Elle adore ce livre. Et je crois que ça l’aide beaucoup.
Pour elle, merci.2close_3

FP