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Crêpage de chignon au Prix Femina.

La romancière Madeleine Chapsal exclue, et sa consœur Régine Deforges qui démissionne par solidarité, voilà de quoi mettre du piquant dans l’assiette des membres du jury Femina, confortablement installés à l’hôtel Crillon. M_chapsal_et_r_desforges_1En voici en tous cas assez pour relancer le débat sur la façon dont sont attribués la plupart des prix littéraires parisiens… Un secret de polichinelle, derrière lequel se cachent quelques gros éditeurs, et qui explique l’absence de fraicheur et de nouveauté dans le choix des prix décernés. Mais cela, tout le monde le sait !

        Ce qui est plus original c’est que l’on en vienne à virer un membre d’un aussi prestigieux jury sous prétexte qu’elle évoque dans un livre, les petits secrets des délibérations du jury Femina en 2004 et 2005… A bien y regarder, on peut penser que ce sont surtout les considérations un peu moqueuses sur le « gang du Femina » qui sont à l’origine de cette exclusion qui ne fait vraiment pas honneur à ce jury.

         Voilà qui manque cruellement de sang froid et de recul, et accrédite plutôt le doute sur l'absence de démocratie dans ce jury. Car, quand on n’a rien à se reprocher, pourquoi employer d’aussi violents moyens contre l’un de ses membres ?

         Cet épisode nous dit bien ce que sont devenus ces prix, ni plus ni moins qu’une petite farce entre amis, dont le déroulement est à l'avance réglé comme du papier à musique, et dont le larron est encore une fois le lecteur. Il serait peut être temps qu’émergent de nouvelles initiatives, de nouvelles idées pour renouveler un peu tout ce vieux monde…

S.B

Le Prix Lilas

Lilas

Encore un   nouveau prix littéraire !  le Prix Lilas, en partenariat avec la Closerie des Lilas....

La Présidente du Prix Lilas, Emmanuelle de Boysson, nous explique les particularités de ce prix :

"Pourquoi un prix de femmes ? Il est légitime qu’il y ait un prix de femme parce qu’il y a plus de lectrices que de lecteurs. Les femmes écrivains représentent une proportion de plus en plus importante de la production littéraire. Par ailleurs, chacun sait que la quasi totalité des prix décernés l’est par des hommes pour des hommes, à quelques exceptions près. Il nous a semblé bon de rééquilibrer une situation qui s’appuie sur une constante de l’histoire de la littérature. Il ne s’agit nullement de condamner une pratique mais d’en introduire une nouvelle qui proposera une autre approche. Nous avons, en quelque sorte, pris exemple sur certains grands prix étrangers tels l'Orange Prize en Angleterre ou sur le groupe de Bloomsbury réuni autour de Virginia Woolf dans les années vingt et trente. "

Autres specificités :

-Un jury de femmes romancières et journalistes. Une partie de ce jury est tournant, chose assez rare dans le milieu des prix.

-Le Prix Lilas sera attribué à une romancière de langue française dont l'oeuvre paraît à la rentrée litteraire de janvier 2007. (alors que la plupart des prix couronnent les livres de  septembre et qu'il n'existe pas en France l'equivalent du Orange Prize ,  attribuée à une écrivaine. )

-Il sera remis le 7 mars 2007 à la Closerie des Lilas, veille de la journée de la femme.

Vous voulez en savoir plus ? Le Prix Lilas a deja son blog, visitez le ici !

15 MN PLUS TARD...

15 Cette année, tout le monde semble se contrefout du Goncourt. L'édition de l'an passé fut dynamisée par l'épuisant suspense (Houellebecq or not Houellebecq), mais cette année, que pouic... Faut-il s’en désoler ? S’en alarmer ? D’autres se sont simplement engouffrés dans la brèche pour allumer un salutaire contre-feu. Ainsi, une bande de joyeux drilles emmenée par Serge Joncour, David Foenkinos ou encore Régis de Sa Moreira a-t-elle décidé de créer cette année le « 15mn plus tard »… pour la simple et bonne raison que ce prix littéraire tout neuf sera remis 15mn plus tard que le mammouth pétrifié de chez Drouant, et qui plus est juste en face (au K1ze, voir photo). Fallait oser, non ?

Font partie de la dernière sélection :

Chaos de famille, Franz Bartelt, Gallimard, Série Noire
Rhésus, Héléna Marienské, P.O.L.
Ce qui est perdu, Vincent Delecroix, Gallimard
Contour du jour qui vient, Leonora Miano, Plon
Les îles éparses, Jean-Louis Magnan, Verticales
Ars Grammatica, David Bessis, Allia

Quel rapport avec le web me direz-vous ? Peu (de rapport) si e n’est que les organisateurs de ce pied de nez bienvenu ont eu la bonne idée d’en informer en priorité les blogueurs littéraires pour essaimer la bonne parole, et par ailleurs de créer le blog « qui va bien » et qui va avec : http://prixdu15minutesplustard.blogspot.com.

Résultat des courses le 6 novembre. 15mn plus tard que « l’autre », donc…

FP

Les Anglais ont fait leurs jeux !

Kiran_desai Les Anglais ont l'équivalent de notre Goncourt : The Man Booker Prize, ou dit tout simplement : The Booker Prize ! Ce prix a déjà récompensé quelques noms illustres comme Ian McEwan, Margaret Atwood, JM Coetzee, Salman Rushdie, Kazuo Ishiguro depuis 1969.

Ce 11 Octobre, l'édition 2006 Booker Prize a été attribuée à la romancière indienne Kiran Desai pour "The Inheritance of Loss", son deuxième roman. Kiran Desai, 35 ans, est la plus jeune femme à avoir obtenu le Booker Prize. Elle a déjoué les pronostics qui désignaient d'avance Sarah Waters (The Night Watch).

Les jurés ont salué "un roman magnifique de profondeur humaine et de sagesse, de tendresse comique et d'une grande acuité politique".  "The Inheritance of Loss" (l'héritage de la perte) est le deuxième livre de la jeune femme, dont la mère Anita Desai a été trois fois sélectionnée pour le Booker Prize sans l'obtenir. Kiran Desai, qui vit en Grande-Bretagne depuis l'âge de 15 ans, a rendu un hommage appuyé à sa mère en recevant son prix.

Le roman narre deux histoires parallèles se déroulant dans l'Inde post-coloniale et aux Etats-Unis.  Un juge indien retraité vit reclus sur les contreforts de l'Himalaya jusqu'à ce que sa petite-fille orpheline vienne le rejoindre. Sa vie sera ensuite menacée par des rebelles népalais. Au même moment, son fils cuisinier, qui est parti chercher fortune aux Etats-Unis, mène une dure vie d'immigré clandestin employé dans un restaurant de New York.   [source AFP]

Quelques infos :

  • Kiran Desai avait publié en 1er roman "le gourou sur la branche" (disponible en poche)
  • Anita Desai (sa mère) a écrit une petite quinzaine de romans et nouvelles, dont "le jeûne et le festin", "un héritage exorbitant" et "un parcours en zigzag" (paru en Mai 2006 au Mercure de France). Personnellement, j'ai testé ses romans et j'ai beaucoup apprécié l'amertume de cette plume, qui mêle cynisme et humour glauque à la précieuse description de la condition féminine en Inde.

SeeMeAngry sur le Web.

Signalons le très bienvenu blog d’Antoine Dole, curieusement baptisé « SeeMeAngry » qui nous glisse cette semaine sur le web une note de lecture sur le dernier Virginie Despentes. « Tournures de phrases méchamment bien foutues, le fond des choses offert et accessible. » nous dit A. Dole.

Il se livre intelligemment à une analyse très personnelle de la lecture qu’il a faite de « King Kong Théorie ». Un livre dont il dit, tout en l’ayant aimé, qu’il s'en ait senti exclu sur certains chapitres, après en avoir dit : « Sur certains passages, vision ternaire de la chose qui laisse la possibilité de s’asseoir et d’écouter, trouver sa place, de réfléchir même, nouvelles perspectives qui fusent dans mon esprit (la pornographie, la cause féministe, où va la France, etc.) »

Une note de lecture qui le ramène en quelques lignes aux raisons qui l’ont poussé à écrire, et à la liberté qu’à chacun d’entre nous de faire ce qu’il aime, que ce soit écrire, peindre ou toute autre activité artistique…

Derrière ce blog aux couleurs de Hulk (oui, le personnage des premiers numéros de Fantastic Four), ce cache un Blogauteur particulièrement actif, puisqu’Antoine Dole anime pas moins de cinq sites ou blogs qui tournent plus ou moins autour de son premier roman intitulé « les corps abstraits » ou de la photo qui semble être son autre passion.

Pour ma part, j’ai particulièrement aimé sa note du 27/09/06 intitulée « J’embrasse pas » que je vous invite à aller lire sur son blog http://seemeangry.hautetfort.com/.

En voici quelques lignes : « Y a comme ça, là devant moi, tout un chemin tracé d’adulte sans histoires et consentant, qui se ferait sucer l’âme ad vitam par de vieux démons, satisfait de réussir à leur jouir à la gueule un jour sur trois, sans comprendre qu’au final, peu importe le nombre de ses petites victoires, c’est lui qui se serait fait baiser sur toute la ligne, trop prompt à se faire avoir, par lire le truc, écrit en tout petit à la fin du parcours : le bonheur en option. »

Je lui souhaite une belle route sur le web.

S.B

Le Blog du Goncourt des Lycéens 2006

Gonc

Un nouveau blog est dédié au Prix Goncourt des Lycéens (attribué le 13 novembre prochain),  géré par "Phil le Bloggeur"... Les 50 lycées qui voteront cette année sont cités ici. Ce prix existe depuis 1988, son historique est visible ici. Sur les auteurs en lice cette année,  et leurs romans, ça blogue déjà dur, chacun y va de son point de vue, de ses surprises, déceptions ou enthousiasme. Programme des rencontres avec les auteurs, "Lâcher de Livres "à Rennes, des expos,  des concours, tout y est.

Peut être que les illustres aînés du Goncourt, Fémina, Renaudot et Médicis, se laisseront à leur tour tenter par l'aventure de la blogosphère ?

TR

DES DROITS A LA HAUTEUR

Lahire_1 La récente publication de la Condition littéraire : la double vie des écrivains de Bernard Lahire a ravivé ces dernières semaines un vieux débat sur la façon dont les écrivains – et les auteurs de livre en général – pouvaient être « exploités » par l’ »industrie de l’édition. Quand on sait en effet que la plupart des grandes maisons appartiennent désormais à des groupes qui sévissent par ailleurs dans les médias, l’armement ou que sais-je encore, on ne peut plus parler en effet d’artisanat mais bien d’industrie. Or, l’écrivain se trouve dans cette situation unique en son genre, de faire vivre par son travail tout un pan de l’économie culturelle, et de ne pouvoir lui-même en vivre. 99,99% des écrivains, vivent d'une autre activité : journaliste, prof, informaticien, élu, etc. Les auteurs qui parviennent à se nourrir grâce à leur seul « travail » d’écriture de livres se comptent en maigres poignées, sous nos latitudes… Autant dire que les jérémiades continuelles des intermittents du spectacle font sourire un peu jaune les professionnels de l’écriture, qui n’ont pour leur part aucun système équivalent pour les sponsoriser même si la plupart d’entre eux sont assez fair play pour soutenir le combat de leurs confrères du cinéma, du théâtre ou de la musique.

Cette situation est particulièrement flagrante et douloureuse en France où les % rétrocédés aux auteurs sont parmi les plus faibles au monde (jusqu’à deux fois moins importants que dans les pays anglo-saxons, en moyenne 7 à 8%* contre 12 à 15% en Angleterre ou aux Etats-Unis) et où, surtout, l’opacité qui règne chez les éditeurs sur les chiffres de vente et le calcul des droits est à peu près totale aux yeux des principaux intéressées… les auteurs !

L’objet de cette note n’est pas pourtant de faire pleurer Margaux (même si vous vous appelez Mireille ou Bernard). Non je voulais simplement vous annoncer l’initiative courageuse d'un dénommé François Vignes qui vient de créer L’agence des droits à la hauteur, par l'intermédiaire de son blog éponyme. Au-delà du jeu de mots plaisant, il y a la volonté de créer, avec le temps, un véritable front uni des auteurs faces aux scandaleuses conditions qui leurs sont parfois imposées…

Hélas, tous ceux qui ont déjà été en situation de conflit avec un éditeur à ce propos, savent que les moins scrupuleux d’entre eux n’hésitent non seulement pas à spolier les auteurs de leurs droits, mais s’adonnent hélas à ce que l’on pourrait qualifier de dumping intellectuel : un auteur n’est pas satisfait des conditions qu'on lui propose ? Ils s’en trouvera toujours un bataillon d’autres aussi talentueux pour frapper à ma porte et accepter MES conditons…. Déplorable, mais courant.

Alors, mission impossible, l'entreprise de François ? Time will tell…

* Entre le % du libraire et la part absorbée par le diffuseur-distributeur, reste à l’éditeur entre 40 et 50%, dont 7 à 8% (jusqu’à 10 ou 12% pour les « divas ») pour l’auteur. Avec les 30 à 40% qui lui restent, l’éditeur doit payer le travail d’édition, de correction d’impression et de promotion du texte en question.

FP